Chers Amis,

Si vous vous demandez ce que je suis devenu, voici quelques nouvelles.
Je ne suis plus sur mon vélo – ça vous le saviez déjà – mais avec mon sac à dos à Passy en Haute Savoie pour explorer la région, faire de la marche et retrouver une nature qui me manque depuis mon retour.
Et puis, surtout, je tiens à vous informer de la conférence que je donnerai sur mon voyage, chez TRAKKS, mon super sponsor, le jeudi 29 octobre à 19h30, chaussée de Waterloo 1165, à 1180 Uccle.
Ceux qui sont curieux d’en savoir un peu plus et souhaitent participer à mon exposé peuvent s’inscrire sur le lien suivant: http://www.trakks.be/fr/un-t-moignage-et-des-images-incroyables-ne-pas-manquer
Merci de diffuser largement l’info. Plus on sera de fous, mieux ce sera. Je compte sur votre présence et vos encouragements et sur le plaisir de nous revoir.

 

Au Mont Buet, Haute-Savoie, France

Au Mont Buet, Haute-Savoie, France

À Moëde Anterne, Haute-Savoie, France

À Moëde Anterne, Haute-Savoie, France

Vers le col de Salenton, Haute-Savoie, France

Vers le col de Salenton, Haute-Savoie, France

Lac d'Anterne, Haute-Savoie, France

Lac d’Anterne, Haute-Savoie, France

Au Mont Buet, Haute-Savoie, France

Au Mont Buet, Haute-Savoie, France

Arête du Buet, Haute-Savoie, France

Arête du Buet, Haute-Savoie, France

Arête du Buet, Haute-Savoie, France

Arête du Buet, Haute-Savoie, France

Abri de Pictet, Haute-Savoie, France

Abri de Pictet, Haute-Savoie, France

Abri de Pictet où j'ai passé une nuit pas très confortable, Haute-Savoie, France

Abri de Pictet où j’ai passé une nuit pas très confortable, Haute-Savoie, France

Petite confection pour me protéger de la neige qui fondait. Et puis, vers 18h, il a commencé à geler ce qui m'a bien arrangé pour ne plus avoir les gouttes sur la tête, Haute-Savoie, France

Petite confection pour me protéger de la neige qui fondait. Et puis, vers 18h, il a commencé à geler ce qui m’a bien arrangé pour ne plus avoir les gouttes sur la tête, Haute-Savoie, France

La vue depuis l'abri de Pictet, Haute-Savoie, France

La vue depuis l’abri de Pictet, Haute-Savoie, France

Brèche du dérochoir, Haute-Savoie, France

Brèche du dérochoir, Haute-Savoie, France

Brèche du dérochoir, Haute-Savoie, France

Brèche du dérochoir, Haute-Savoie, France

Des bouquetins, Haute-Savoie, France

Des bouquetins, Haute-Savoie, France

Panorama Passy 50 Panorama Passy 1

Bonjour,

Nous (Jérôme et moi) voici à Perth après avoir finalement traversé cette fameuse Great Central Road.

Nous avions quitté Alice Springs avec plus de 55 kilos de nourriture, ce qui équivaut à 3 rations par jour pour 21 jours exactement, soit la durée prévue pour traverser la GCR jusqu’au prochain village où se réapprovisionner ainsi que 50 litres d’eau transportés dans des sortes de grosses poches, qu’on peut remplir quand on a la chance de croiser un 4×4 qui a suffisamment d’eau.

Nos montures dépassent les 80 kilos. Nous entamons nos premiers pas sur la piste de sable rouge, immédiatement nos roues s’enfoncent, on commence à pousser, et à pousser et encore pousser.

On avance 10 centimètres par 10 centimètres.

Nos journées sont longues très longues. Un jour, on a poussé nos vélos pendant plus de 7 heures pour avancer de 18 kilomètres.

Nous avons eu ce rythme durant les 5 premiers jours avec notre meilleure journée à 55 kilomètres!

Le moral commence à flancher, on est épuisés, dégueulasses, couverts de sable rouge, de transpiration. Nos vêtements, la tente, le sac de couchage, plus rien n’est propre, tout devient croustillant.

 L'état du vélo avant la GCR

L’état du vélo avant la GCR

Et après la GCR

Et après la GCR

Après 300 km de surplace, la piste devient moins sablonneuse, on commence à avoir des tronçons roulables, on roule, on pousse, on s’arrête désespérés, on regarde la piste, on s’encourage, on reprend.

Il faut avouer que nous sommes malgré tout assez excités de traverser se désert.

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Après une semaine de bagarre à tirer et pousser nos vélos sans vraiment avancer, il nous vient l’envie de prendre un 4×4, surtout quand on nous le propose, c’est dur de résister. Mais notre envie de repousser plus loin encore nos limites et de continuer est la plus forte.

L’histoire est moins drôle lorsqu’il commence à pleuvoir. Nous avons eu 9 jours de pluie consécutifs. La première nuit de pluie n’a pas été trop pénible, sauf quand il a fallu replier la tente mouillée avec le sable rouge collé dessus.

C’est le soir quand on doit déplier la tente encore humide de la veille que l’affaire se complique car on n’a plus aucune chance d’être au sec, le sol et les parois de la tente restent fort humides et le sable s’infiltre partout.

On déplie matelas et sacs de couchage dans nos tentes mouillées. Et tout commence á s’imprégner de cette humidité; le sac de couchage ne nous isole plus du froid (il fait +/- 0 degré la nuit), le matelas se transforme en éponge, et … de nuit en nuit la situation empire, on dort de plus en plus mal. Tout devient boueux, on est ultra sale, en réalité dormir dans la boue ou dans la tente revient au même.

Là le moral est au plus bas, on n’arrive plus à se réchauffer, on est endoloris de partout, les genoux nous font fort mal, on chlingue l’ammoniac, on a la peau irritée par le sable et le sel et aussi par le fait qu’on ne sèche jamais. Un mélange intéressant pour les narines.

Le soir on n’a pas le courage de cuisiner car il pleut encore, on mange nos nouilles crues, c’est très pénible.

Le matin c’est dur aussi, aucune envie de se lever, l’idée même de remettre nos vêtements froids, humides et peu ragoûtants nous freine. Ce n’est pas le petit déjeuner qui nous motive à sortir de la tente: de l’avoine, du sable et un peu d’eau froide pour mélanger le tout. Un vrai délice!

Un jour nous étions assez limités en eau, il nous restait moins 2 litres chacun. On arrive dans un de ces camps de la mort pour aborigènes où on pense pouvoir se réapprovisionner en eau, et là on nous refuse l’eau du robinet, on doit acheter des bouteilles de 2 litres à 10 dollars, de l’eau plus chère que du coca…

Jérome et moi avons eu un gros moment de… on chie, on est déshydratés, on mange mal, on est fatigués, on a des tendinites aux genoux et en plus de ça on va avoir très soif. On reprend la route avec 300 km à faire avant le prochain point d’eau et 2 litres chacun. Whouhou! On va se déchirer la gueule!

Que demander de plus? … Des crevaisons :-)

Heureusement que dans toute cette douleur, nous avons eu d’énormes encouragements, surtout quand un gros 4×4 ultra équipé s’arrête et nous demande si nous avons besoin de quelque chose … On nous sort une table avec un banc, on nous propose des noix, du café, des saucisses cuites au barbec, du pain, des bonbons et un paquet de chips pour la route.
Là, c’était l’euphorie totale! On est reparti!

Que demander de plus?

Que demander de plus?

Que demander de plus?

Que demander de plus?

Nous arrivons à la fin de la GCR, après 3 semaines de piste où on aura laissé beaucoup d’énergie.

Mais la route n’est pas finie, il reste encore plus 700 km pour arriver à Perth où on pourra finalement se reposer.

On aura fait Alice Springs – Perth en 32 jours sans un seul jour de repos, 2 500 km parcourus et deux douches. Ça aura été une des routes les plus dures physiquement et psychologiquement, de par la longueur, le très mauvais temps et le manque de nourriture et d’eau.

Nous voici à Perth, on a mangé, dormi, et dormi encore. On a fait les touristes, on s’est baladés tranquillement, nos jambes étant encore douloureuses et notre enthousiasme vachement entamé, le moral a pris un gros coup, je suppose qu’il nous faudra quelques semaines pour récupérer de tout l’effort fourni.

Aussi, je suis à la moitié de mon voyage, 2 ans et 2 mois sur la route, 31 pays traversés, 30 000 km au compteur.

Je décide de rentrer avec Jérôme en Belgique pour quelques mois, pour revoir mes proches, Jeanie (ma copine) et mes amis.

Et digérer tout ce que j’ai pu assimiler sur la route, relire mes notes, faire quelques présentations et mettre au point un livre-photos.

Le voyage n’est pas terminé, je compte repartir début 2016 pour traverser les Amériques, cette fois accompagné de Jeanie.

Début de la GCR

Début de la GCR

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Great Central Road, Western Australia

Après une longue journée à pousser nos vélos, nous avons la chance de voir des chevaux sauvages, nous décidons de nous installer là pour la nuit.

Après une longue journée à pousser nos vélos, nous avons la chance de voir des chevaux sauvages, nous décidons de nous installer là pour la nuit.

Sur la GCR on croise plein de voitures abandonnées, probablement trop chères à remorquer

Sur la GCR on croise plein de voitures abandonnées, probablement trop chères à remorquer

Jérôme qui s'amuse comme il peut

Jérôme qui s’amuse comme il peut

Ces fameux road trains

Ces fameux road trains

The Super Pit, mine à ciel ouvert à Kalgoorlie

The Super Pit, mine à ciel ouvert à Kalgoorlie

Voici la lame d'un bulldozer

Voici la lame d’un bulldozer

Après 32 jours de vélo sans un seul jour de repos, nous voici à Perth

Après 32 jours de vélo sans un seul jour de repos, nous voici à Perth

Nous décollons de Perth direction la Belgique :-)

Nous décollons de Perth direction la Belgique :-)

Et nous voilà dans le jardin à la maison et en famille

Et nous voilà dans le jardin à la maison et en famille

Bonjour à tous, voici les photos du début de l’Australie, de Darwin jusqu’a Alice Springs en traversant notre premier désert sur la Buntine Hwy, où on a tellement peiné à cause de la chaleur intense (43 degrés à l’ombre), l’humidité et la route complètement défoncée par la pluie qui a provoqué plein de sillons, à vrai dire des tranchées, les troupeaux de vaches qui accentuent le relief avec leurs sabots, et nous qui sommes secoués dans tous les sens, qui nous enfonçons dans la boue, qui glissons.

D’ici quelques jours je mettrai les photos de Alice Springs avec notre passage de la Great Central Road jusqu’à Perth.

Les premiers jours à Darwin dans le Northern Territory.

Les premiers jours à Darwin dans le Northern Territory.

Jérome est parti de Belgique en plein hiver et se retrouve à plus de 40 degrés sous un soleil de plomb. Après 4 jours sous cette chaleur il souffre d'une grosse déshydratation, il vomit l'eau qu'il boit. J'arrête une voiture et on l'emmènera à l'hôpital de Katherine où il passera 24h et recevra 5 baxters :-)

Jérome est parti de Belgique en plein hiver et se retrouve à plus de 40 degrés sous un soleil de plomb. Après 4 jours sous cette chaleur il souffre d’une grosse déshydratation, il vomit l’eau qu’il boit. J’arrête une voiture et on l’emmènera à l’hôpital de Katherine où il passera 24h et recevra 5 baxters :-)

Nos hôtes de Warmshowers à Katherine, où on a pu se reposer quelques jours.

Nos hôtes de Warmshowers à Katherine, où on a pu se reposer quelques jours.

En direction de la Buntine Hwy.

En direction de la Buntine Hwy.

Sur la Buntine.

Sur la Buntine.

On se cache du soleil comme on peut pendant les heures les plus chaudes.

On se cache du soleil comme on peut pendant les heures les plus chaudes.

Mon compère de sieste.

Mon compère de sieste.

Jérome à la recherche d'un marteau pour enfoncer ses piquets de tente.

Jérome à la recherche d’un marteau pour enfoncer ses piquets de tente.

Nous prenons l'habitude de nous lever à 4 heures du matin, pour avancer le maximum avant que le soleil ne se lève et nous profitons des magnifiques levers de soleil.

Nous prenons l’habitude de nous lever à 4 heures du matin, pour avancer le maximum avant que le soleil ne se lève et nous profitons des magnifiques levers de soleil.

Et nous voici sur la Buntine Hwy.

Et nous voici sur la Buntine Hwy.

It's a long way! Comme nous répètent tous les Australiens.

It’s a long way! Comme nous répètent tous les Australiens.

Nous avons la chance de voir plein d'animaux sauvages comme des perruches, kangourous, serpents, émeus...

Nous avons la chance de voir plein d’animaux sauvages comme des perruches, kangourous, serpents, émeus…

Lever de soleil

Lever de soleil

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

Des centaines de mouches nous tiennent compagnie. C'est à devenir fou!

Des centaines de mouches nous tiennent compagnie. C’est à devenir fou!

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

Termitières et vaches sur la Buntine Hwy.

Termitières et vaches sur la Buntine Hwy.

Termitière vs Jérome.

Termitière vs Jérome.

Vers la Buntine

Vers la Buntine

Brosse à dents géante

Brosse à dents géante

Sur la Buntine Hwy.

Sur la Buntine Hwy.

On se prépare notre souper :-)

On se prépare notre souper :-)

Les fameux Road Trains.

Les fameux Road Trains.

Petite pause :-)

Petite pause :-)

Devils marbles

Devils marbles

Lac de sel

Lac de sel

Ayers Rock

Ayers Rock

Mt Olga à gauche et Ayers Rock au fond à droite

Mt Olga à gauche et Ayers Rock au fond à droite

Mt Olga

Mt Olga

Mt Olga

Mt Olga

Ayers Rock

Ayers Rock

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À l'entrée de la Great Central Road

À l’entrée de la Great Central Road

 

Termitière géante, Northern Territory, Australie

Termitière géante, Northern Territory, Australie

Bonjour! Désolé, ça fait vraiment trop longtemps, hein…

C’est que dans le désert, on n’a pas souvent internet. Et sans ordinateur, difficile aussi de poster des photos, etc. Mais me revoilà à un endroit plus « civilisé », et avec un ordinateur!

Où en étions-nous… J’étais en Australie, avec mon pote Jérôme, on a travaillé tout le mois d’avril à Renner Springs, chez les fous. Non, on ne s’est pas portés volontaires dans un asile psychiatrique, mais c’était un peu pareil! On s’était fait engager chez un gars qui tenait une road house, il y avait plusieurs jeunes qui travaillaient là. Enfin, travailler n’est pas le mot. Le type, il te donnait du boulot, puis il ne te le laissait pas terminer et tu finissais par tourner en rond.

C’est un endroit vaste, situé au milieu de nulle part, rien à faire à part travailler. Et du travail, il y en avait pourtant! Partout où tu posais les yeux tu voyais des choses à faire. Et on a fait de tout, ou plutôt on a touché à tout (fait une clôture, arrangé le toit, vidé des bidons de pétrole qui dormaient là depuis dix ans, nettoyé les chiottes, fait le tour des poubelles en tracteur, fait de la plomberie, des tranchées, …). On commençait et puis il nous envoyait faire autre chose.

On nettoyait, entre autres, la piscine tous les jours. Un jour il passe et « Cette piscine est dégueulasse » qu’il dit. Bon … ok. On met la machine en route (l’aspirateur pour piscine). Il repasse quelques minutes après, on avait à peine démarré la machine: « Beau travail! »(ou plutôt: « Fucking big job »). Vous voyez le genre? À la fin, tu devenais comme les autres; tu tournais en rond avec un marteau à la main, tu faisais semblant d’être investi dans le marteau.

Nous, on devenait dingues!

On en avait vraiment marre, et ça faisait déjà une dizaine de jours qu’on voyait passer des cyclistes, des gens qui participaient à des tours d’Australie organisés. Ils ont une voiture qui les suit avec le matériel, la bouffe… Et ça nous donnait envie de repartir. On voyait aussi des jeunes voyageurs avec des vélos chargés, et nous on était bloqués à Renner, à tourner en rond, un marteau à la main…

Mais vu qu’on avait décidé de travailler on est resté. Les trois premières semaines on n’arrêtait pas de travailler même si le gars il nous interrompait sans cesse, sans raison apparente. Nous on bossait 12 heures d’affilée, on avait besoin de sous. Et voilà qu’il vient nous dire que ce n’était pas légal et qu’on ne serait pas payé au-delà de 8 heures. Et à la fin, le fou, il nous devait plein d’heures sup’ mais il a refusé de les payer! Là, on n’a plus hésité: on a fait nos sacs et on est partis, le 30 avril. Avec comme souvenir – ou comme remboursement partiel de nos heures sup’ – un vieux didgeridoo rafistolé.

Ce ‘didg’, c’est aussi une histoire marrante.

Le bonhomme, il en avait toute une collection. Ils traînaient là, dans un garage, sous des couches épaisses de poussière. La plupart étaient tout déglingués, vous vous en doutez, comme tout le reste de la baraque d’ailleurs. Comme c’est un instrument que j’aime bien, j’avais proposé de les réparer, de les entretenir… J’en avais pris un dans ma chambre. Au moment de partir, je l’ai embarqué.

Le lendemain on roule, on roule. Le soir, on était posés comme des rois au bord de la route sur nos sièges pliants… Et qui on voit passer? Le mec!! C’était trop drôle, en plus il était content de nous voir. Il a remarqué son didgeridoo, mais je lui ai dit que c’était le mien. On l’a encore revu par la suite d’ailleurs. Quel type étrange!

Enfin, voilà, comme ça, on a quand même repris la route.

Il y a eu des moments hilarants, comme le jour où on s’est posés dans une autre road house en début d’après-midi. On voit un couple qui se prend un super menu avec du poisson, des frites, plein de trucs… et qui repartent en laissant plus de la moitié dans leurs assiettes. Je vous laisse deviner qui les a terminées pour eux! :-)

Il y a eu les belles rencontres, comme Markus, un Suisse rencontré dans la road house du fou et qu’on a rattrapé deux jours plus tard, il était dans un camping. On a pédalé une dizaine de jours ensemble, on est descendus jusqu’à Alice Springs avec lui. En fait, le timing était parfait, parce que je n’aurais pas aimé me trouver chez le fou pour célébrer un événement important: les deux ans de mon voyage, le 2 mai 2015! Il fallait que je sois en selle, tout de même.

Le fameux 2 mai, on est arrivés à Devil’s Marble. C’est une formation de rochers ronds superposés, un truc magnifique. Il y avait une aire de repos. Le coucher de soleil et le ciel étoilé étaient à tomber par terre et on a dormi à la belle étoile, sur les tables. C’était génial comme anniversaire, on avait même une bouteille de vin! Grâce à Markus. À des gens en caravane qui nous demandaient si on n’avait besoin de rien… Markus a répondu en rigolant « eh bien, un peu de vin, à vrai dire », et ils nous ont offert une bouteille! Ça le faisait juste trop bien… Comme d’habitude, tout est parfait, tout se met bien.

À Devil's Marble pour mes deux ans sur la route :-)

À Devil’s Marble pour mes deux ans sur la route :-)

De Renner Springs à… Ayers Rock

On a eu chaud. On a eu soif. On s’est fait chier. Jérôme et moi, on a eu tous les deux les genoux explosés pendant un mois d’affilée… On a vu quelques endroits magnifiques, mais on s’est aussi tapé les lignes droites où il ne se passe rien pendant des heures, comme cette ligne droite de 60 km. Pas un seul virage! Rien que la route et le sable. Je vous promets que ça fait mal au moral.

On s’est sentis vraiment soulagés, libérés quand on est arrivés à Alice Springs. C’était notre but depuis avant l’arrêt de travail chez le fou! On était à mi-chemin, enfin sortis de la zone Renner Springs… Au moins, on ne risquait plus de recroiser le cinglé 😉

Alice Springs avec Markus et Jérome, Australie

Alice Springs avec Markus et Jérome, Australie

À Alice, on s’est fait plaisir, on est allé manger un bon plat, moi une salade César, eux un hamburger. On avait bouffé que des nouilles, ça commençait à bien faire!

On a visité Ayers Rock, LE truc à voir en Australie… Moi qui ne suis pas un bon touriste, je vous assure que ça vaut la peine! On a pris un bus touristique tôt le matin pour faire le tour guidé. C’était à quelques centaines de km de route, tout de même… On s’est dit qu’on n’allait pas faire ce détour à vélo. Nous, on pensait aller vers Adelaïde, puis à Sidney et Melbourne. Et de là je comptais partir en Amérique latine. Voilà, ça, c’était le plan.

Bon, on avait aussi parlé d’aller directement à Perth, dans la direction opposée; là, c’était 2.500 bornes et un désert à traverser… C’est la GCR, la Great Central Road, un peu mythique… Mais nous on avait déjà fait une route de désert, la Buntine Highway, sur laquelle on avait passé un très mauvais quart d’heure. On se disait donc, dans un sursaut de sagesse, que c’était un truc de fous, qu’on allait se déglinguer si on faisait la GCR qui est 3 fois plus longue que la Buntine, et qu’on allait se dispenser « C’est bon! on en a déjà fait une, on va pas se refourrer là-dedans ». Markus, lui, il pensait la faire. Nous, les routes de désert, on avait déjà donné.

Le dernier soir, à Alice Springs, avant le départ pour Adelaïde, Jérôme et moi on a eu un sursaut de sagesse pure. Et … on est allés faire des courses. Des méga courses! On a empilé des tonnes de bouffe et… tout à coup on a su qu’on avait décidé. Décidé de la faire quand même la GCR! Et on se dit qu’on allait faire la surprise à Markus. On a aligné 30 jours de nourriture, ça faisait 4 mètres de long et plus de 50 kg. On a planté notre tente à une vingtaine de mètres plus loin que le camping où Markus logeait pour faire sa lessive et se reposer avant la GCR…. Le lendemain matin on prenait la direction pour la GCR sans avoir dit à Markus qu’on allait faire la GCR.

En plus des 50 kilos de nourriture pour nous deux, on avait nos bagages, et la flotte qui devait venir s’ajouter… On ne pouvait pas prendre de risque avec l’eau, on devait toujours rester chargés avec la quantité maximum possible, on remplissait à chaque point d’eau. Même comme ça, on s’est encore trouvés quelques fois limite-limite… Si quelqu’un pouvait inventer un truc qui pèse un peu moins lourd que l’eau, ce serait cool! 😉

Pour aller d’Alice à l’intersection vers Adelaïde ou Perth, il y avait encore 4 jours de vélo, qu’on a fait ensemble, avec Markus. C’était vraiment sympa. On arrive au dernier soir, càd celui où nos routes devaient se séparer. On le salue, on lui souhaite bonne route.

Le lendemain il nous voit, on l’attendait en buvant notre café… Puis, quand on tourne avec lui en direction de Perth, il change de tête… « C’est une blague ou quoi? » J’ai aimé sa franchise. Il a dit qu’il nous appréciait beaucoup, mais qu’il aurait préféré être prévenu. Maintenant, il s’était préparé à faire la route seul. Au final, c’est une bonne expérience. Pas de souci, en ce qui me concerne. Au contraire, je l’ai admiré! Markus est un chouette monsieur, très profond. Il fait partie des gens qui ont marqué mon voyage.

Donc on a décidé de prendre de la distance dès la prochaine road house… Markus est parti, et nous on a traîné une heure pour le laisser prendre de l’avance. Il y avait huit touristes français, vachement bien organisés, avec des plateaux de sandwichs qui les attendaient. Puisqu’on était condamnés à attendre, on a aussi attendu qu’ils terminent de manger et on a fini les restes. On a même vidé leurs canettes de Coca entamées… Deux vautours! :-)

Puis on a fait notre route, on est arrivés tout doucement au Parc National d’Uluru. Mais oui, là où il y a Ayers Rock. Vous savez, le fameux site qu’on était allés visiter en bus pour ne pas pédaler ces centaines de kilomètres de détour… Je ris tout haut rien qu’à y repenser!!

À l’entrée il y a une sorte de complexe hôtel, un petit village touristique, où on a revu Markus, c’était chouette. De nouveau, il est parti devant, et nous on a traîné, j’ai révisé mon vélo complètement. Et on a refait le tour d’Ayers Rock à vélo. Eh bien, même si j’avais bien apprécié la première fois, à vélo, c’est complètement différent!

C’est dingue comme la vue change quand tu es à vélo, tu vois tellement plus, tu vois… tout! C’est vraiment beau, et en avançant lentement on digère mieux les images, il me semble.

D’abord, l’enfer…

Finalement on est allés sur la fameuse piste… Il y avait encore 300 km de route dans le ‘Northern Territory‘ pour nous amener à la Great Central Road dans la ‘Western Australia‘. Eh bien, ces 300 premiers kilomètres sont les plus durs de toute la piste. Je me suis dit: « Ceux qui arrivent de l’autre sens, je ne sais pas comment ils font, c’est pour se coller une balle dans la tête… »

Nous, déjà, on voulait mourir, alors qu’on était encore frais! Il y a eu une journée où on a poussé le vélo pendant 7 heures pour faire 18 km. Là, tu pleures. Tes roues s’enfoncent dans le sable, tu avances 10 centimètres par 10 centimètres, avec un vélo qui fait 80 kilos… Tout ça pour quoi? Eh bien parce que, entre autres, on était animés par l’envie de trouver de l’or! Il y a des pépites d’or dans toute la région, à ce qu’il paraît!

Cette piste, c’était un truc de malades. Plus jamais de ma vie, même dans mes rêves! (Notez cette phrase et rappelez-la moi, des fois qu’un jour ça me reprendrait, hein) Comment décrire ça… C’est dur, mais sans récompense. Pas comme dans d’autres régions ultra dures, où tu as des paysages de dingues… L’enjeu est différent. Ici, dix minutes de sable ou trois semaines de sable, c’est la même chose… Du sable, un peu de bush (une sorte de steppe) et encore du sable et encore et encore… Moralement, faut être engagé… Si j’avais su, pas sûr que je l’aurais fait.

Après avoir poussé nos vélos pendant 5 jours dans ces sables mouvants, nous sommes arrivés à la « frontière » avec la Western Australia. Fameuse frontière! C’est juste du sable qui continue dans du sable, avec un panneau « Welcome », qui faisait plutôt « Bonne chance ». Sur la carte on avait vu un camping, avec un magasin… En fait, c’était juste une réserve pour les aborigènes. Je vous en ai déjà un peu parlé de ces réserves, ce sont les endroits les plus horribles de l’Australie. À mes yeux, ce sont des camps de la mort! C’est répugnant, c’est dur à voir. Le discours officiel, c’est que ce sont des endroits spécialement pour eux, pour les réintégrer… Tu parles! C’est juste pour ne pas que les blancs les croisent dans les villes! Je ne sais pas le décrire… ça pue la mort, vraiment. Jérôme et moi, on se sentait mal à chaque fois qu’on sortait de là. En général on mangeait vite un truc et on repartait.

Un jour, un employé du magasin nous renseigne un camping. J’ai dû mal comprendre, parce qu’on n’a rien trouvé… Mais on a quand même bien fait de prendre cette rue, un cul-de-sac, genre camp de la mort, car on y a rencontré un ouvrier qui, quand on lui a demandé de l’eau, nous a expliqué qu’on n’allait trouver aucun camping. Et il nous lance: « Venez plutôt chez nous, lavez-vous, faites votre lessive! » C’était un truc genre préfabriqué, ils étaient ultra sympas, et ça nous a semblé un palace, comparé au camping plein de sable qu’on cherchait.

… Ensuite, la récompense! 

Puis on a continué encore vers cette fameuse Great Central Road. On a encore roulé dans du sable, mais ça allait un peu mieux. Une fois, une voiture s’est arrêtée, et les gens ont commencé à sortir des tables pour nous faire à manger! On n’en revenait pas!

En plein milieu du désert, ils nous ont offert des saucisses cuites au barbec’, des fruits, du pain, des noix, du thé, du café… Ils ont même sorti un réchaud pour nous chauffer de l’eau. Une vraie bénédiction! C’était Markus, qui leur avait donné un petit mot pour nous, et c’est comme ça qu’ils avaient pensé qu’un festin nous ferait plaisir aussi. Magnifique, non?

C’est la magie du désert: quand il y a une voiture, tu peux lui donner un bout de papier et demander « Tu veux bien remettre ça à des gars avec des sacoches jaunes, qui sont plus ou moins à 100 km d’ici ». Et ils le font! N’importe quel véhicule fait office de facteur, quand il y en a.

Voilà le résumé des derniers mois. Après 3 semaines dans le désert, sans se laver vraiment, sans s’arrêter, je peux dire que je suis totalement d’accord avec la phrase que tous les Australiens nous répétaient, quand on disait où on allait: « It’s a looong way! » Et aussi: « There is nothing ». Et ça, ce n’est pas tout à fait vrai… D’abord, y’avait pas rien, y’avait du sable! :-) Et il y avait des pépites d’or, quand même…

Parce que figurez-vous que j’ai trouvé quelques mini-pépites! Dès qu’on voyait un truc briller ou un truc jaune, ou autre chose qui y ressemblait de près ou de loin on s’arrêtait et on grattait le sol. On a fait ça pendant 3 semaines. C’est comme ça qu’on a trouvé nos pépites. Mine de rien, ça a mis du baume au cœur, une sorte de récompense. De réponse.

Ah oui, j’oubliais: dans ce désert qui est parmi les plus arides du monde (d’après un australien), on a eu de la pluie. NEUF JOURS de pluie! C’était pire que tout, tout est rouge et collant, une espèce de boue, ça rentre dans les vêtements, dans la tente, il y en a partout, c’est à devenir cinglé! À la fin, plus moyen de sécher, le contenu des sacoches est trempé, tout est trempé… Et la nuit il fait froid, de 0 à -5 degrés, parce qu’en Australie, c’est l’hiver. On dormait mal.

Maintenant, je souris un peu en le racontant, mais au moment même, ce n’était pas drôle. Juste pénible, épuisant, chaque jour un peu plus. Tu pues, tu as mal partout, tu manges tes nouilles… En fait, c’est juste de la souffrance, il n’y a plus vraiment de défi: quand tu as poussé ton vélo trois jours, c’est bon. En pourtant, après coup, c’est chouette de se dire qu’on l’a fait!!!

Pendant 32 jours on a pédalé sans s’arrêter, on ‘a pas pris une seule journée de pause. Notre corps n’en pouvait plus.

On fantasmait à l’idée de prendre un 4×4… Mais on ne l’a jamais fait! Même quand cette dame s’est arrêtée en nous proposant un lift dans son gros 4X4… C’était tentant! Finalement, on est contents et fiers d’avoir tenu bon. On est sortis du désert comme des monstres. Tout était rouge, la peau, les fringues, le matériel. Quand on a enfin pu se laver, on avait une autre tête! J’aurais bien voulu vous faire voir mais là on était vidés, plus la force de dégainer l’appareil photo. Dommage.

C’était quand on est arrivés à Perth , à +/- 1000 km depuis la sortie de la GCR, on était mi-juin. Le gros soulagement, vous n’imaginez même pas! Déjà à la sortie de la GCR, on était déjà contents quand même. On a été chez nos hôtes de WarmShowers, on s’est lavés, on est redevenus des humains, on a fait un peu de shopping, c’était le PARADIS!

Voilà, la suite ce sera dans une semaine, je vais d’abord mettre à jour mes photos, j’en ai plein à vous montrer! À bientôt!

PS. Le didgeridoo, lui, n’a pas survécu aux neuf jours de pluie…

 

Début de la Great Central Road, West Australia

Début de la Great Central Road, West Australia

Un petit mot très bref, juste pour que vous ne pensiez pas que je suis mort!

:-)

Depuis qu’on a volé mon ordinateur, les choses n’étaient déjà plus très simples. Et je ne peux plus vous montrer de photos. Mais avec l’internet pourri d’ici, ça devient carrément compliqué! Si on veut me contacter, en fait, il faut me téléphoner, c’est un peu tout ce qui marche… Et pour ceux qui se demandent si je me trouve au fin fond du Tadjikistan ou de l’Afghanistan: eh bien non, je suis en Australie. Dingue, non?

Jérôme et moi sommes à Renner Springs dans le North Territory, entre Alice Springs et Darwin. Au milieu de nulle part, quoi. On a trouvé du travail, alors on pense rester ici un petit moment, le temps de gagner un peu d’argent. On travaille dans un Road House, dans le désert, chez un type complètement fou.

Il nous fait bosser entre 10 et 12 heures par jour, et comme il n’y a rien d’autre à faire, ce n’est pas plus mal. On fait de tout: des réparations sur le toit, de la plomberie, du jardinage, du débroussaillage… Je ne savais pas qu’on maîtrisait autant de métiers! 😉

On est mal nourris, mais on est contents quand même, on se marre bien.

Comme on bossait comme des ânes, et qu’on voyait les autres traîner et glander, on a réclamé un salaire un peu plus élevé au patron, et il a été d’accord. On était contents!

Il fait chaud à crever, et il y a des tas de bestioles sympas, des serpents, des tarentules… C’est rigolo. On a même été faire les chercheurs d’or pendant une journée, mais on n’a rien trouvé. Bref, ce n’est pas confortable, mais je suis content.

Mais vous savez quoi…

Quand on sera partis d’ici, JE SERAI ENCORE PLUS CONTENT!

Bonjour d’Australie! Désolé de ne pas donner de news plus souvent, mais c’est que dans le désert il n’y a pas de wi-fi… Et dans les villes il est payant, et cher. Et comme je me suis fait voler mon ordinateur il y a trois semaines, les choses sont devenues encore plus compliquées… Et je suis à sec, je ne vais pas pouvoir en racheter un de si tôt. Voilà donc pourquoi il n’y a plus de photos sur le blog, désolé.

Heureusement que j’avais stocké la plupart de mes photos ailleurs, mais toutes mes notes sont perdues. Et toutes les photos de quand je poussais mon vélo sur ce volcan en Indonésie, aussi… J’avoue que ça, ça fait mal. Un moment tellement intense!

Nous voilà donc à Halls Creek. Nous? Oui, je suis avec Jérôme, mon ami de l’internat. Il m’a vu donner mes premiers coups de pédale, à l’époque, quand je me découvrais une passion pour le vélo, vers l’âge de 16 ans. Il est venu pédaler avec moi. Et je peux vous dire qu’on a bien morflé!

Maintenant, on a trouvé notre rythme, on se lève à 4h du matin, on roule jusque 11h, et quand il fait vraiment chaud, on arrête. On reprend vers 16h, jusque 18h, pour avoir le temps de manger et de monter la tente avant que les moustiques ne se réveillent. Depuis que Jérôme est là, on n’a fait que camper, on vit dans nos sacoches. En tout cas, c’est vachement plus chouette à deux!

On est dans le petit village d’Halls creek , dans un camping. Hier nuit, heureusement que j’avais les yeux ouverts (avec cette chaleur, on ne dort pas très bien). Vers une heure trente du matin, je vois quelqu’un passer devant ma tente. Je pense que c’est Jérôme qui fouille dans les sacoches, mais je trouve tout de même bizarre qu’il ait sa casquette sur la tête à cette heure. Je fais « Jérôme, c’est toi? », et le mec part en courant. Encore un gars qui essayait de me voler! Heureusement qu’il était tombé sur la sacoche de linge sale et pas une autre! Je ne sais pas ce que c’est en ce moment, je suis en train de me faire dévaliser!

Le lendemain, je crois que j’ai croisé le type en faisant des courses. On s’est lancé un regard bizarre. Notez, tout ça est étrange, j’ai du mal à leur en vouloir. Ici en Australie, les ‘natives’, c’est comme les Indiens en Amérique, ils sont tout déglingués. C’étaient des nomades, ils vivaient tranquilles. Maintenant ils sont là, en groupe, assis par terre, en train de boire. Ils s’engueulent, ça crie de partout, ils n’ont plus de dignité. On attend juste qu’ils meurent… A la limite, j’en voulais pas au gars qui essayait de me voler mes trucs; j’en veux au gouvernement.

C’était un peuple indépendant qui a pu vivre de rien, qui savait comment se diriger dans un désert immense! Et nous, les occidentaux « civilisés », on va les foutre dans des réserves où ils n’ont même pas de boulot. Leur âme, c’est d’être nomades, et on les enferme en attendant qu’ils crèvent. Vraiment, ça me révolte. Alors, même si ça me fait vraiment ch*** de me faire voler, quelque part je comprends.

Ca me rend dingue, ces différences entre les gens. Dans des pays ultra pauvres, en Asie, en Inde, on logeait chez des gens, on était accueillis, nourris… Ici, c’est très différent. On ne négocie plus rien, on paie pour tout! Ici, au mieux de l’accueil, quand il pleut très fort, il y a des gens qui nous donnent l’autorisation d’aller se mettre à l’abri dans leur garage pour préparer notre repas (des raviolis en boîte, c’était un soir de grande gastronomie, comparé à nos nouilles quotidiennes). Enfin bref, voilà pour le regard sur les choses matérielles…

A Darwin par contre, j’ai trouvé 55 dollars par terre :-)

Allez, mille de perdus, cinquante-cinq de retrouvés… 😉

Mais si je récapitulais un peu depuis le début? Avec Jérôme, on a quitté Darwin, on a chargé 20 litres d’eau chacun et on est partis vers Katherine. On a commencé à se sentir dépaysés en voyant les premiers Road Train (des énormes camions avec trois ou quatre remorques). Les 3 premiers jours on roulait comme des pétés, même les heures chaudes, on ne s’arrêtait pas à midi, on a poussé, poussé… Mais après 3 jours c’était trop, Jérôme a fait un malaise, il n’était pas très bien, on a arrêté une voiture pour qu’ils nous déposent 30 km plus loin à Katherine. Jérôme était couché par terre, un Allemand qui habitait là s’est arrêté. Il m’a dit « ton copain est déshydraté, il faut l’amener à l’hôpital! » Il nous y a conduit tout de suite.

Le médecin a décidé de garder Jérôme 24 heures, il lui ont fait boire des litres, ils lui ont mis 5 baxters… L’avantage, c’est que je suis resté près de lui et qu’on a pu dormir une nuit au frais! Le lendemain ils voulaient nous envoyer à Darwin pour plus d’examens. Mais nous on s’est dit qu’on allait plutôt se poser, on a mangé, bu, on a récupéré. Après, ça a été! Mais c’est là qu’on a commencé à rouler de nuit, et la journée, quand on est au soleil, on se protège des rayons avec une couverture de survie.

Ce qui est aussi fatigant, quand on campe: il faut faire attention, mais vraiment attention à tout. Les serpents, les fourmis… Et c’est pas des petites fourmis de tapette, hein! Des grosses rouges, qui piquent, et qui font des fourmilières grosses comme des arbres! Un soir, on campait dans un camping, je vais aux toilettes, il y avait un python dedans! Ils ne sont pas vénimeux, mais ça m’a fait un choc, quand même…

Et on a chaud. Mais chaud! L’eau dans nos bidons chauffe tellement qu’on doit mettre de la poudre citronnée dedans sinon elle est imbuvable. A l’ombre, ça monte jusqu’à 43 degrés. Sur l’asphalte c’est pire – je préfère ne pas savoir combien! La nuit dans la tente on transpire des flaques, même la nuit on se déshydrate. Je me rends compte qu’on a du mal à récupérer.

Hier on est arrivés bien déchirés. Cette fois c’était mon tour d’être cassé. On a failli s’inviter à l’hosto pour se retaper! La route n’avait pas arrêté de monter et descendre, les cailloux, la boue… Un jour, on était arrivés à une « rivière »… Dans le désert, il s’agit plutôt d’une énorme flaque brune boueuse, suite aux gros orages. Nous, ça nous a fait l’effet d’un lagon bleu! On a tapé nos vélos par terre et on s’est effondrés dedans avec délices… Ce n’est pas le genre de chose qu’on ferait en temps normal. Mais ça faisait cinq jours qu’on ne s’était pas lavés. Et on était morts.

On n’avait fait que patiner dans la boue, on s’enfonçait avec le poids des vélos. Même sur du plat il fallait pousser, on n’avançait pas. C’est bien simple, ces jours-là, on faisait du 7 km/h de moyenne, la vitesse d’une marche à pied! Cette route, la Buntine Highway, c’est une piste qui débouche sur une autre piste, qu’on voulait prendre pour aller à Alice Springs.

Mais maintenant qu’on est arrivé à la fin de la première piste, on se rend compte qu’avec la saison des pluies, c’est vraiment trop lourd. Surtout que la deuxième, il paraît qu’elle est fermée! On risque la grosse amende si on se fait prendre, et surtout, et ça veut dire que les road house (les pompes à essence où on peut aussi manger et se ravitailler), elles seront fermées aussi. On ne pourrait même pas se ravitailler correctement.

Mais du coup, on se pose des questions! Pour aller en arrière, il faudrait refaire toute la piste dans l’autre sens! Vous imaginez? D’accord, c’était super joli, on a vu des levers de soleil incroyables, la piste rouge, c’était superbe. On était vraiment face à nous-mêmes, c’était une belle expérience.

Tu emportes ta bouffe pour dix jours, tu sais que tu dois être ressorti dans les dix jours, tu es en autonomie complète. Il n’y pas de réseau, s’il t’arrive quelque chose, tu te débrouilles. On voyait une voiture par jour, genre. Mais celle qui s’est arrêté pour nous proposer de l’eau, elle nous a sauvés! En plus de ça, ces gens nous ont donné deux pommes. Des pommes! Vous auriez dû voir la joie sur nos visages, on ne sait pas comment expliquer, ces gens étaient nos dieux! Il n’y a pas de mots pour décrire ça. Le plus drôle, c’est que quand j’ai vu arriver la voiture au loin, j’ai lancé pour rire: « ceux-là, il faut qu’ils nous amènent le dessert! » Après deux semaines à manger des nouilles deux fois par jour, ces pommes, ça nous a semblé le paradis! C’est un truc qu’on se dit souvent avec Jérôme: un voyage pareil, ça nous renvoie à l’essentiel, on redevient simple. L’eau, c’est un luxe, on s’en rend compte.

C’est vraiment chouette de partager ce bout de voyage avec un ami. Jérôme dit qu’il est content de venir vivre mon expérience, que c’est très différent de lire mon blog. Je cite « les gens ne se rendent pas compte comment on vit, combien c’est dur! » Le pauvre, c’est vrai que parfois je me suis dit que je le faisais souffrir; Mais après trois semaines c’est toujours mon ami, alors je me dis que ça va! :-)

Et puis hier c’était à mon tour de m’effondrer. J’ai eu une chute de tension, un coup de chaleur, j’étais déshydraté. Tout tournait, j’ai fait une chute de tension je crois. Il restait dix km à faire avant le village, on n’avait presque plus d’eau. Jérôme a eu un peu peur quand il m’a vu m’écrouler dans l’accotement. Il m’a donné l’eau qui lui restait. On a rigolé, aussi, c’est ça qui est fort!

Ce sont des sensations étranges, quand on est épuisé, quand on a enduré des souffrances physiques; Avec Jérôme, on a eu des fous rires jusqu’aux larmes par moments. Il y a des rires de détresse aussi, ça dégage la tension. Ce sont des explosions, on ne sait pas exactement tout ce qui sort, du stress, de l’émotion, de la fatigue, une sorte d’accomplissement, de la puissance, de la joie… Et après on est reparti!

Mais bref. Nous voilà donc face à un dilemme. Si on veut aller à Alice Springs, on va devoir retourner sur nos pas, faire un détour de 1200 km. Par contre de là, il y a une grosse, grosse route qui traverse le désert et qui va jusque Perth… Celle-là, on a bien envie de la faire. Dilemme! Ou bien on prend la West Coast, le long de la mer jusque Perth. L’un dans l’autre, c’est pareil: la côte aussi est désertique. On part demain matin, vous saurez au prochain épisode ce qu’on a choisi!

Bromo (in the front left) and Semeru (in the back) Volcanos, Java, Indonesia.

Bromo (in the front left) and Semeru (in the back) Volcanos, Java, Indonesia.

Cilacap, Java, Indonesia

Cilacap, Java, Indonesia

Bonjour! Me voilà à Malang, aux deux-tiers de ma route vers Bali. ça va très bien. L’Indonésie, c’est chouette. C’est plus tranquille que l’Inde, plus paisible… Je me dis parfois que c’est dommage que ma copine Jeanie ne soit pas venue ici, plutôt.

Enfin, au moment où je vous dis ça – Vrrrrrrrrrr!!!!!  (vous devriez entendre ça pour de vrai!). Ici, ils ont des petits scooters, ça fait un tel bruit que tu crois que Valentino Rossi est en train de passer à côté de toi. Et quand te retourne, c’est une petite mopette qui n’avance pas plus vite que moi à vélo… Les Indonésiens, ça les amuse. Ils changent leur pot d’échappement exprès pour ça!

C’est très mélangé, l’Indonésie. Il y a l’islam, du bouddhisme aussi, et j’ai aussi entendu parler de magie noire, de sorcellerie… J’aimerais bien aller voir, mais on me l’a déconseillé.

Ici c’est volcanique. Pour pédaler, c’est chaud; il y a parfois de fameux passages, des kilomètres que j’ai mis deux heures à faire, des murs plutôt que des montées, des passages à 30 %! Les descentes vont trop vite que pour s’amuser. J’ai eu un passage où même les scooters calaient, tellement c’était raide. Du coup j’étais encore plus motivé pour ne pas poser le pied à terre…

Tout à l’heure, j’ai été faire des « grosses courses », je me prépare pour un trajet où je vais passer plusieurs jours sans voir personne. Il y a un volcan qui s’appelle Bromo, que je voudrais aller voir en vélo. Alors je fais des provisions. Pendant que j’entassais les conserves dans ma sacoche, ça m’a fait repenser à la traversée du Pamir, au Tadjikistan.

Je crois que ça va être un peu dur. Les touristes, ils font la montée en grosse jeep. Je les comprends! Si je n’étais pas dans mon trip je ferais comme eux, je ne pense pas que j’irais m’user à grimper pendant trois jours. De ce que j’ai vu, les 30 premiers kilomètres, c’est de la route; après c’est du sable et de la piste. Il pleut dix heures par jour en cette saison, tellement fort que l’eau monte dans les rues. Bref, ça va être galère mais ça va être marrant!

Enfin, je dis ça… Peut-être que demain je pesterai quand je serai en train de pousser mon vélo dans la boue! :-)

Ce qui me motive, c’est que j’ai très envie de prendre une photo bien précise. En fait, il y a deux volcans, un plus petit et un plus grand, et de là-haut, je pourrai les avoir tous les deux, avec celui qui crache derrière! Et puis ce sera chouette de camper là-haut…

J’ai fait plein de chouettes rencontres ici.  En Indonésie, il y a une communauté spéciale de Warmshowers. A Bandung, où je m’étais arrêté, j’étais tellement bien avec eux que c’était dur de partir. Je suis parti après 2 jours, mais je serais bien resté une semaine.

Awesome Warm showers community of Bandung, Java, Indonesia.

Awesome Warm showers community of Bandung, Java, Indonesia.

Ils ont une sorte de maison communautaire, et ils se retrouvent tous là; chacun donne ce qu’il veut, ce qu’il a, on partage…

Il y a vingt, trente personnes qui débarquent, qui viennent manger, qui jouent un peu de musique, qui viennent se poser dans le hamac… C’est vraiment cool! Leur attitude relax est contagieuse. Ils faisaient de la musique à 6 heures du matin, je les entendais chanter et rire, et je me rendormais facilement: les gens heureux, ça ne dérange pas. Au contraire, ça me donnait envie de me lever. J’aimais vraiment bien leur mentalité. Qui que tu sois, on t’accepte comme tu es. Celui qui a gagné de l’argent met un peu plus dans le pot commun, il aide les autres. Si mon visa n’était pas si court, je serais bien resté!

Il y avait un Français qui était là aussi, un gars qui est en route comme moi depuis deux ans. Il a 45 ans, un type super cool, très ouvert. Ils l’avaient surnommé Soman, le messager de dieu. Il est resté un bon moment avec eux, ça devient comme une deuxième famille. En fait, le gars, il avait eu un accident, et dans la communauté, ils se sont occupés de lui. Il est allé passer un moment en France et c’est quand il est revenu que je l’ai rencontré.

Il avait ramené quelque chose de France. Il me dit: « Je pense que j’ai un truc qui va t’intéresser… » Je m’attendais à du fromage. C’était du foie gras. On a mangé du foie gras!!! Aaaaah, quel p-l-a-i-s-i-r!

Mais je voulais quand même allez voir ce volcan, alors je suis reparti.  Ils m’ont mis en contact avec d’autres gens de Warmshowers, chacun m’envoie chez un autre ami. Et puis, il y a aussi les locaux de la Croix-Rouge. Figurez-vous qu’ils ont des locaux pour héberger les cyclistes! On peut se laver, ils m’ont donné à manger.

Je fais des longues journées, je roule bien. Le matin, il fait chaud à crever, genre 35 degrés, on a du mal à respirer. Puis, systématiquement, la méga drache arrive, et il pleut et il pleut, et il pleut, des cordes et des cordes. Donc je roule sous la pluie… Notez: que je sois trempé de sueur et tout collant, ou mouillé par la pluie, finalement je préfère la pluie! Par contre j’aimerais bien avoir deux heures sans pluie pour sécher le soir…

J’ai dormi dans une caserne de flics, aussi. Je me disais qu’ils auraient bien un banc pour dormir, ça m’éviterait de monter ma tente. Je demande si je peux mettre ma tente dans leur parking. « Non, non, viens à l’intérieur! » Il me montre une cellule dégueulasse. Tout ce qu’il y avait, c’était une sale planche en bois en guise de couchette, une toilette, une bassine pour se laver. Le tout derrière des barreaux, pas de porte, aucune intimité. J’ai décidé que ça n’avait aucune importance et me voilà, en train de me laver, à poil dans une cellule de prison! J’avais des chaussettes sales et mouillées, je m’en suis servi pour nettoyer la planche et j’ai dormi là; c’était confortable.

Police station where I slept :-), Java, Indonesia

Police station where I slept :-), Java, Indonesia

Pour manger, j’ai quand même repris l’habitude d’avoir toujours un paquet de nouilles avec moi, c’est plus pratique, parce que je ne trouve pas à manger partout, ou bien j’arrive quand tout est fermé. Et puis mon GPS me fait quelques petites blagues parfois, aussi. Je pense aller vers un village et il m’emmène dans la brousse! Une autre fois il ma fait atterrir dans un champ de riz où on ne passait  même pas en vélo, mais il me prétendait que c’était une route. 😉

A Jogyakarta j’ai aussi rencontré des gens super sympas. J’ai visité deux ou trois trucs, mais dès que c’est plus touristique, il faut payer cher. Alors parfois je laisse tomber, parfois je paie, et parfois je trouve le moyen d’entrer discrétos, l’air dégagé, et je trouve une petite entrée à l’arrière… Il y avait un petit temps que je ne l’avais plus fait, c’est rigolo, ça réveille, c’est un petit challenge qui ne prête pas à conséquence.

Akuntanu my Warm showers host from Jogyakarta, Java, Indonesia

Akuntanu my Warm showers host from Jogyakarta, Java, Indonesia

Jogyakarta, Java, Indonesia

Jogyakarta, Java, Indonesia

Sultan Palace, Jogyakarta, Java, Indonesia

Sultan Palace, Jogyakarta, Java, Indonesia

Water Palace, Jogyakarta, Java, Indonesia

Water Palace, Jogyakarta, Java, Indonesia

Sultan Palace, Jogyakarta, Java, Indonesia

Sultan Palace, Jogyakarta, Java, Indonesia

Jogyakarta, Java, Indonesia

Jogyakarta, Java, Indonesia

Un autre soir, j’ai de nouveau dormi chez les flics, ils m’ont même donné un lit de camp et ils ont éteint les lumières. Ne prenez pas cet air étonné, c’est un luxe! Parce que d’habitude, chez eux, la lumière reste allumée toute la nuit. Dans une autre caserne, d’ailleurs, je n’ai pas rigolé du tout. Ils m’accueillent, je m’endors dans une petite pièce qui sert à leurs prières. J’éteins, je me couche. Une heure après, y’a un gars qui débarque avec du coca tiède et des biscuits, pour moi.

Je ne veux pas être désagréable quand on m’offre quelque chose, mais j’avais brossé mes dents, j’étais claqué de ma journée, je dormais déjà, alors je l’ai remballé… Il se barre, en laissant la porte ouverte et la lumière allumée! Pas grave, je sors dans la cour pour éteindre et je me remets au lit. Une heure après, 4 flics arrivent et me réveillent. J’imagine qu’ils étaient curieux. Ils s’emmerdent un peu dans leur caserne. Ils ont voulu mon passeport, alors que je l’avais déjà montré aux autres flics, je leur avais même donné une copie. Mais rien à faire, ils font de la lumière, me tirent du lit.

Et le flic, tout content, il voit que je viens de Belgique, il me dit: « Eden Hazard »… Non mais je rêve! J’ai pédalé toute la journée, et tu viens me parler de foot?! Ils m’ont tenu dix minutes, puis ils sont repartis… en laissant de nouveau la porte ouverte et lumière allumée. Moi, j’étais à poil dans mon sac à viande, il fallait aller de nouveau à l’extérieur pour éteindre. D’un autre côté, je ne veux pas me plaindre: ils m’offrent le gîte.

Enfin voilà pour les dernières nouvelles. Dans huit jours je serai en Australie, c’est dingue… Encore quelques jours pour arriver à Bali, où je serai hébergé par une Belge, un contact de quelqu’un du Rotary. C’est marrant, il y a toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un qui… Le cousin du voisin du concierge de celui qui connaît… C’est gai!

A bientôt!

Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

On the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

Camping at Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

Camping at Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

Camping on the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

Camping on the way to Bromo and Semeru Volcanos, Java, Indonesia

Bandung, Java, Indonesia

Bandung, Java, Indonesia

Warm Showers member of Cilacap, Java, Indonesia

Warm Showers member of Cilacap, Java, Indonesia

On the way to Bandung, Java, Indonesia

On the way to Bandung, Java, Indonesia

Indonesian God??? Malang, Java, Indonesia

Indonesian God??? Malang, Java, Indonesia

Bonjour!
 
Qu’est-ce que le temps passe vite! Déjà un mois que Jeanie est rentrée en Belgique, déjà un mois que je ne vous ai plus donné de nouvelles. Tout va bien… J’allais presque dire « rien de neuf »! Alors que j’ai avancé, et que je suis arrivé en Indonésie, à Jakarta.

Et j’ai dépassé l’équateur! C’est la première fois que je suis dans l’hémisphère sud!!! Je me sens vraiment de l’autre côté du monde… Maintenant, les saisons sont inversées. Il y a quelques kilomètres, c’était l’hiver. Et hop, me voilà en été. Y’en a qui ont de la chance tout de même, hein. 😉

Où en étions-nous? J’avais quitté l’Inde en même temps que Jeanie, et je suis arrivé à Kuala Lumpur, en Malaisie. Une grande ville, mais pas trop étouffante. Comme j’étais à plus de 20.000 kilomètres au compteur, j’ai quand même voulu faire entretenir mon vélo. J’avais vu sur internet qu’il y avait un revendeur de la marque Shimano, c’est assez rare en Asie. J’arrive, je demande s’ils ont les pièces qu’il me faut (notamment un plateau, car le mien était tout usé). « Ah non, ça on n’a pas ». A chaque pièce que je demandais, même réponse.
En fait, ils n’ont rien en stock. Mais ils ne veulent rien commander non plus, parce qu’ils ont peur de ne pas le vendre… Aaaaargh. Enfin, on s’est compris tant bien que mal, et ils étaient gentils. Ils ont vu que c’était un vélo de voyage, du coup le vendeur est allé voir mon site, puis il a demandé au manager s’ils pouvaient faire quelque chose pour moi. Ils m’ont fait l’entretien gratuitement, ils m’ont offert une chaîne, de l’huile, alors que je n’avais rien demandé…

Et puis j’ai gentiment attendu pendant une semaine pour les pièces, qui ne sont jamais arrivées… Mais ce qui s’est passé après est quand même marrant, encore une de ces histoires de coïncidences qui font que je crois de moins en moins au hasard. Au bout de cinq jours, je suis donc retourné chez eux pour récupérer mon vélo; ils voulaient une photo avec moi devant leur magasin. Comme ils avaient été sympas avec moi, même si j’allais devoir repartir sans avoir remplacé mon plateau, j’ai proposé de repasser le lundi pour faire une photo avec le vélo tout chargé pour reprendre la route, ce serait plus photogénique.

Mais le magasin n’ouvre qu’à midi, et moi, comme j’avais une journée de route, je ne pouvais pas partir si tard. On tombe d’accord, le gars me dit « pas de souci, j’ouvrirai mon magasin à 9 heures ». J’arrive une demi-heure trop tard (une panne de réveil, oui, ça arrive ici aussi…), je ne vois personne… J’ai attendu jusque midi devant le magasin, je lui devais bien ça. A midi, le type s’amène, tranquille; il avait complètement oublié notre rendez-vous! Mais juste à ce moment passe un Français… Et ce Français était un cycliste comme moi, et… il avait ce plateau en réserve, chez lui! Il m’a dit: « ne bouge pas, je reviens dans dix minutes »… Comme quoi, tout a de nouveau été parfait!

Parce que sans ce plateau, je ne pouvais pas vraiment repartir. Et le gars français m’a donné un contact près de la frontière avec Singapour: un Anglais qui fait beaucoup de vélo. Les gens sont gentils. J’ai aussi été hébergé chez un gars sympa de ‘Warm Showers’, il y a eu cette dame adorable à une pompe à essence qui m’a donné du pain et un jus,… Et il y en a qui me surprennent tellement par leurs réactions que je ne sais pas trop comment réagir!

Par exemple ce monsieur qui passe devant la pompe où je m’étais arrêté pour prendre à boire. Il passe, me demande d’ou je viens, etc. Trois minutes après, il repasse et me lance: « Est-ce que t’as besoin d’argent? » J’ai dit non, je ne savais pas pourquoi il demandait ça! Je n’ai pas envie de faire pitié… Est-ce que j’ai vraiment à ce point l’air d’un clochard?!

Un autre jour, j’étais en train de pédaler, vers Johor-Baru, la dernière ville avant Singapour. Il y avait du trafic, comme toujours quand on approche une ville; je slalomais entre les voitures, les camions, et tout à coup il y a un homme qui me tend une canette de soda. Là aussi, j’ai été surpris, un peu mal à l’aise qu’il me prenne pour un clochard, gêné d’accepter quelque chose alors que c’est probablement quelqu’un qui ne possède pas grand-chose… Mais il a couru après moi pour que je prenne la canette! Et au final, ça m’a fait drôlement plaisir, parce que j’avais soif.

J’ai bien aimé la Malaisie. C’est assez calme, les gens ont l’air honnêtes, c’est propre. Je n’ai peut-être pas été chercher les plus beaux paysages, mais je garderai un bon souvenir. Après l’Inde, ça faisait du bien, un peu de calme. Et puis pour camper c’était tranquille, les gens disaient oui la plupart du temps.

Puis je suis passé à Singapour. Que vous dire? Singapour, c’est Singapour…
C’est…. ben… comment expliquer… une grosse ville, en fait même pas si grande, mais très riche. Il n’y a pas trop de monde, ce n’est pas bondé comme Hong Kong; ici on peut marcher sans être bousculé. Et tout est hors de prix. Même si on peut aussi manger dans des petits centres où c’est un peu plus normal, ça reste extrêmement cher. Genre, j’arrivais à trouver un repas pour l’équivalent de 5 euros, alors qu’en Inde j’avais l’habitude de manger pour 50 cents!

J’ai logé trois nuits chez des gens de Warm Showers, un Américain et une Russe, sympas comme tout. On a marché ensemble tout le weekend, il m’a tout montré, tout fait visiter, il m’a fait découvrir ce parc créé par Aw Boon Haw (le ‘créateur’ du Baume du Tigre). Un endroit dingue! Il y a une section dans ce parc… Disons qu’il a recréé le cycle de la vie en sculptures. Genre, une grotte avec selon ce que tu as fait de mal, tu as certains châtiments… C’est vraiment glauque! Des corps amputés, sciés en deux… Un endroit très intéressant, drôle, qui fait un peu peur aussi. Je ne sais pas si c’est le genre de truc qu’on voit dans le Lonely Planet!

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Haw Par Villa, Tiger Balm park, Singapore

Après Singapour, j’ai dû prendre un bateau jusque l’Indonésie (j’allais à Batam). Une petite traversée de 45 minutes, à la singapourienne: tout bien organisé, comme si on prenait l’avion, avec enregistrement de bagages, passage de douane et tout. Et un visa à payer à l’arrivée, ça va sans dire.

De là, je me suis mis à la recherche du fameux Pelni, cet énorme bateau qui va de Batam à Jakarta, à 1000 kilomètres et 30 heures de traversée. J’ai eu de la chance! Ce navire ne part qu’une fois par semaine, je n’ai dû attendre que deux jours. J’en ai profité pour glander un peu. De toute façon, il n’y avait pas grand chose à faire. A moins d’avoir envie d’aller voir les prostituées que des mecs en scooter vous proposent toutes les cinq minutes. Batam est connu pour ça, il y a des massages, des jacuzzis, des filles. Qu’est-ce que ça m’a saoûlé! Parfois, j’essayais de discuter avec un de ces types, j’avais même l’impression qu’il comprenait, qu’il se rendait compte que ce n’était pas une façon de traiter une femme… Et puis cinq minutes plus tard, il revenait avec son « tu veux aller voir les filles very good? ». J’ai été énervé toute l’après-midi!

Le surlendemain, j’ai pu monter sur le Pelni. C’est un paquebot géant: par étage il y a quatre ou cinq cents lits! Il y a des dortoirs partout, j’ai même pu y emmener mon vélo. Ce sont des salles avec chaque fois une centaine de lits! Heureusement que tout n’était pas occupé… Il y avait des hommes, des femmes, des familles entières, des bébés. Ce qui est agréable en Indonésie, d’ailleurs, c’est qu’on retrouve un rapport normal avec les femmes.

La traversée n’était pas désagréable, il faisait calme, tout est resté propre, c’était ‘civilisé’. C’était cool, mais c’était looooooong! Trente heures à tuer, quand même… C’est là qu’on comprend pourquoi les gens ont inventé l’avion! :-))
Et encore, moi, avec mon GPS, j’ai pu suivre toute la traversée en détail, c’était rigolo. Après quelques heures, tout le bateau était au courant qu’il y a avait un blanc, un énergumène à vélo… Je ne sais pas pourquoi, mais ils voulaient tous une photo avec moi. J’ai passé la traversée à poser! A la fin, c’est fatigant.

En descendant du bateau, je suis remonté sur mon vélo et j’ai vraiment béni le GPS! Quand tu dois aller loin, et qu’il est tard, que tu es crevé et que tu veux juste arriver où tu dois être, c’est méga-pratique! En plus, tout le monde croit que tu regardes ton téléphone, tu as beaucoup moins l’air d’un touriste.

Et me voilà donc en Indonésie, à Jakarta, sur l’ile de Java. Certes c’est l’été, mais c’est aussi la saison de la pluie, donc il pleut 24 h sur 24… Il fait 30 degrés, donc on n’a pas froid, mais on est mouillé tout le temps, on moisit sur place. C’est une île avec des volcans, de belles routes, de belles montées en perspective.

J’ai un visa de seulement 30 jours, donc je ne pourrai pas faire Sumatra. Je vais traverser Java à vélo, et dans la pointe sud je prendrai un petit bateau vers Bali, puis de là je chercherai un moyen pas trop cher pour arriver en Australie… Parce que là, je commence à être bien à sec!

Pour le moment, je ne sais pas ce que c’est, parfois je me demande si ces problèmes d’argent viennent me dire de mettre un terme à mon voyage?! Ou au contraire, de faire encore plus confiance à la vie? Je ne sais pas, je me gratte la tête. J’ai pris un visa qui me permettra de travailler en Australie, mais je me demande si j’ai bien fait! D’abord, je vais devoir bosser pour récupérer la mise, puis pour renflouer mon budget. Mais si je passe des mois sur place, ça prolongera encore mon périple, et je ne peux pas demander à ma copine de m’attendre en Belgique pendant des années encore…

Bref. Je ne sais pas. Je vais dormir dessus. On verra comment ça roule…

Singapore

Singapore

Singapore

Singapore

Singapore

Singapore

Petronas Towers, Kuala Lumpur, Malaysia

Petronas Towers, Kuala Lumpur, Malaysia

Malaysian/Singaporean border.

Malaysian/Singaporean border.

Southern India

Southern India

Southern India

Southern India

Southern India

Southern India

Southern India

Southern India

Boat plane church, Southern India

Boat plane church, Southern India

Cap Comorin, south tip of India

Cap Comorin, south tip of India

Cap Comorin, south tip of India

Cap Comorin, south tip of India

Indian woman, South India

Indian woman, South India

Japanese bikers, cycling for 4 years!

Japanese bikers, cycling for 4 years!

 

Bonjour, et bonne année 2015!

Jeanie and me toward Ooty, Eucalyptus forest, India

Jeanie and me toward Ooty, Eucalyptus forest, India

Si vous lisez ce post, c’est que j’ai survécu au vol Air Malaysia c’est déjà une bonne nouvelle pour commencer l’année.  😉

Ce que je vous souhaite? C’est de réaliser vos rêves. Et n’oubliez jamais que ce ne sont que les deux premiers coups de pédale qui sont durs!

Ici (à Kuala Lumpur), où je viens d’arriver tout s’annonce bien.

Jeanie est repartie après avoir pédalé un mois avec moi. C’était chouette, on a eu chaud, on a été mouillés, on a eu froid (24 heures de pluie non stop – Jeanie était frigorifiée, c’est un peu normal, elle est tellement mince… mais ça la rend aérodynamique!).

Parfois on en a eu marre de l’Inde et de son alimentation qui ne change jamais; Jeanie était contente de rentrer en Belgique pour manger du fromage! Et moi, j’en ai un peu ras-la-casquette des cartes alléchantes dans les petits restaurants, où, quoi qu’on pointe sur la liste, c’est pour s’entendre dire « ça, on n’a pas »… Il faut demander tout de suite des lentilles, comme ça on n’est pas déçu…

On a étudié la question des mariages arrangés (difficile d’avoir un avis, je ne suis pas certain que nos mariages d’amour aient une plus grande garantie de succès, finalement).

Le dernier jour on a essayé des saris (enfin, pas moi). ça, il faut que je vous raconte. On avait demandé au monsieur qui nous hébergeait à Chennai (Pradeep, un gars super sympa, un informaticien) un endroit pour faire un peu de shopping et acheter un sari.  Il nous envoie dans un méga truc: 5 étages de magasins, je n’avais jamais vu ça de ma life! Et toutes les enseignes qu’on connaît: Zara, Calvin Klein, Tag Heuer, Super Dry, un Starbucks, des glaces à 2,5 euros la boule comme chez nous… Un truc de fous…

Pour les saris, il fallait aller au dernier étage. Mais ils étaient magnifiques, en soie, avec des détails, des broderies… C’est un peu triste que les Indiennes portent de plus en plus de jeans et de t-shirts, elles perdent la tradition alors que c’est si joli! Elles sont comme des fleurs…

Notez, quand j’ai vu les essayages de Jeanie, j’ai mieux compris. Un sari, tu dois le plier 8 fois devant ton ventre, puis mettre un élastique, puis  gérer le pan qui va sur l’épaule, qu’il faut plier mille fois. A force de plier, ça devient un sari. Finalement on a pris une tunique! 😉

Enfin, voilà. Je suis heureux. Je me sens plein de gratitude de tout ce que je vis. Alors j’ai envie de vous dire merci, un GRAND merci!

Tout d’abord, merci à Trakks de m’avoir envoyé un GPS, pour pouvoir prendre plus de risques en en prenant moins…

A propos de Trakks: Christophe Thomas, qui travaille là, est justement interviewé aujourd’hui dans un magazine belge, regardez…

http://www.glowmedia.be/demarrez-dun-bon-pied/

Dommage qu’il n’y ait pas sa photo.  Lui aussi, c’est quelqu’un qui poursuit ses rêves.

Puis, je veux aussi remercier toutes les personnes qui me soutiennent, celles auxquelles je pense régulièrement: Barbara et Jean-Pol, Ferdinand Braeck, Alice et Roland, Valesca, Marraine, Francis, Mr Dauvain, Nico et Virginie, Nanni, Jeanie, ma mère, ma sœur, mon frère et ma nièce… Toutes ces personnes qui me font du bien et m’aident à avancer. Rien que penser à elles me donne le sourire.

Je remercie aussi toutes les personnes si généreuses avec qui j’ai eu la chance de partager un repas, qui m’ont hébergé sans me connaître, qui m’ont fait confiance.

Et merci à vous, le petit groupe de supporters financiers réguliers ou passagers! Vous qui savez que sans argent je serais contraint de m’arrêter et qui me manifestez votre appui avec vos dons. ça me touche et m’encourage! Si j’ai plus de 20.000 km dans les jambes, c’est aussi grâce à vous.

Merci à vous qui me suivez sur le blog, aussi. Il y a eu 22.000 vues de mes articles en 2014. Vous êtes près de mille personnes à lire chaque post!  Parfois, il y a jusqu’à une centaine de partages de mes messages sur Facebook… Comme ces gens ne sont pas dans ma liste d’amis, je ne sais même pas qui c’est, je ne peux pas toujours lire les commentaires, alors que ça aussi, c’est quelque chose qui fait énormément plaisir.

Alors, n’hésitez pas à m’ajouter comme ami sur Facebook https://www.facebook.com/attilio.falletta, ou inscrivez-vous à la newsletter sur le blog, comme ça j’arriverai directement dans votre mailbox, et vous pouvez laisser des commentaires directement sur le site…

Et puis, comme je vous l’annonce dans le titre, je voudrais vous faire part de quelques précisions qui me tiennent à coeur: si vous me suivez vous savez que ce voyage que j’ai entrepris me permet de faire de belles expériences. En même temps il ne vous aura pas échappé qu’il comporte son lot de déboires et ne m’épargne pas les moments difficiles. Il n’est pas toujours évident de faire face à la solitude, la fatigue, l’inconfort, l’inconnu perpétuel, l’incompréhension, la chaleur, l’humidité, la sueur, la crasse, les coups de soleil, les piqûres d’insectes… La vigilance de tous les instants sur la route c’est éreintant au bout d’un moment. Les mains craquelées collées au guidon, les heures passées sur la selle, le dépassement de soi même quand tu es censé te reposer et récupérer (le danger la nuit quand tu campes et que tu as peur), ce n’est en général pas ce que les gens attendent des vacances…

Est-il besoin de rappeler que tu n’as personne sur qui t’appuyer, tu ne peux pas appeler un proche pour te faire remorquer. T’es seul, et tu chies seul! Et souvent, c’est dur d’être seul. Ce n’est pas parce que j’ai la banane tout le temps que ce n’est qu’une partie de plaisir. Et si vous preniez votre vélo pour aller travailler?

Voilà qui est dit.

À ce stade je dois ajouter, pour ne pas paraître illogique, qu’une joie permanente, qui vient de je ne sais où, m’accompagne pourtant. Qu’est-ce qui me pousse à continuer? Je ne sais pas. La découverte de l’inconnu, la gratitude que j’éprouve chaque soir, le plaisir du repas après l’effort…

C’est l’apprentissage. Le réajustement. Une école de la vie en somme.

À très bientôt.

Attilio à vélo, Attilio à vélo, India. Photo credit: Jeanie Keogh

Attilio à vélo, India. Photo credit: Jeanie Keogh

Mahatma Gandhi and Jeanie, India

Mahatma Gandhi and Jeanie, India

Chinese fishing nets, Backwater, Cochin, India

Chinese fishing nets, Backwater, Cochin, India

Backwater, Cochin, India

Backwater, Cochin, India

Flat tire, India. Photo credit: Jeanie Keogh

Flat tire, India. Photo credit: Jeanie Keogh

Tea plantation, Ooty, India

Tea plantation, Ooty, India

Lunch time :-), India. Photo credit: Jeanie Keogh

Lunch time :-), India. Photo credit: Jeanie Keogh

India. Photo credit: Jeanie Keogh

India. Photo credit: Jeanie Keogh

Goats hanging around in a cemetery, India. Photo credit: Jeanie Keogh

Goats hanging around in a cemetery, India. Photo credit: Jeanie Keogh

Fort Cochin, India. Photo credit: Jeanie Keogh

Fort Cochin, India. Photo credit: Jeanie Keogh

Bonjour,

Je vous souhaite une excellente année et je vous remercie de me lire et de me soutenir.

Que tous vos voeux se réalisent dans les prochains 364 jours!
Le mien, c’est que Jeanie vienne pédaler avec moi en Argentine … et que nous continuions la route ensemble (avec Jeanie et vous tous).
Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Bandipur NP, India

Backwater, Cochin, India

Backwater, Cochin, India